Résumé
Lorsque l’euthanasie et le suicide assisté seront votés, il faudra encore soigner. Mais comment ? Faut-il se sacrifier au nom d’un idéal, résister avec orgueil, ou imposer la loi au prix de toute singularité ? Non, merci ! Faut-il se retirer du lien, obéir sans penser, agir sans désir, frapper sans doute ? Non, merci ! Contre les figures du renoncement, de la toute-puissance ou de la soumission, il reste des voix qui refusent la clôture. Ceux qui, sans héroïsme, tiennent le soin comme un seuil. Ceux qui préfèrent l’attention au pouvoir, la responsabilité au calcul. Ceux qui écrivent pour que la mort ne soit pas la dernière parole. Ceux qui, comme le mousquetaire à la plume insolente, répondent : « Non, merci ! » – mais pour mieux dire « oui » à la vie, au sujet, au lien. Un soin qui n’administre pas la fin, mais l’habite. Un soin qui reste une scène, même vacillante, pour que le sujet puisse encore s’y dire.
Source : Revue Médecine Palliative : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1636652225000819?dgcid=author
